C’est désormais officiel : le couperet est tombé à Berea. Après six saisons à la tête des Cleveland Browns, Kevin Stefanski a été démis de ses fonctions par Jimmy Haslam. Si l'annonce provoque un pincement au cœur chez certains, elle marque surtout la fin d’une ère qui, après des débuts en fanfare, s'est enlisée dans une stagnation devenue insupportable.
Un bilan en trompe-l’œil
Sur le papier, Stefanski part avec un palmarès que peu de ses prédécesseurs peuvent lui envier : deux titres de Coach of the Year (2020, 2023) et deux apparitions en playoffs, dont une victoire historique à Pittsburgh (pour laquelle il était confiné pour cause de Covid). Cependant, avec un bilan final de 45 victoires pour 56 défaites, la réalité est plus nuancée.
Il faut être honnête : le succès de Stefanski repose en grande partie sur l'héritage de John Dorsey. Le noyau dur qui a porté l'équipe durant les "années fastes" — Nick Chubb, Myles Garrett, Denzel Ward, Baker Mayfield ou encore Joel Bitonio — était déjà en place avant l’arrivée du duo Stefanski-Berry.
L'effet Nick Chubb et l'arbre qui cache la forêt
Ses deux titres de meilleur entraîneur doivent énormément à un homme : Nick Chubb. Véritable métronome de l'attaque, Chubb a masqué pendant des années les limites du schéma de Stefanski et les errances au poste de quarterback. Lorsque le jeu de course était dominant, Stefanski paraissait être un génie tactique. Mais sans un Chubb à 100% ou face à des défenses préparées, le "play-calling" est souvent devenu prévisible et rigide.
Andrew Berry : L'autre responsable oublié ?
Si le changement de coach est aujourd'hui nécessaire et bienvenu pour insuffler un nouveau souffle à ce vestiaire, il est regrettable que le ménage ne soit pas fait plus en profondeur. Andrew Berry, le General Manager, conserve son poste malgré un bilan de plus en plus contestable.
Entre le fiasco contractuel de Deshaun Watson et une incapacité chronique à reconstruire une ligne offensive vieillissante ou à stabiliser le corps de receveurs, Berry porte une responsabilité au moins égale à celle de Stefanski dans l'échec des deux dernières saisons (8-26 sur les deux dernières années). Le voir mener seul la recherche du prochain coach laisse un goût amer : peut-on vraiment confier les clés de l'avenir à celui qui a hypothéqué une grande partie de notre présent ?
Quel avenir pour Cleveland ?
Kevin Stefanski restera celui qui a redonné une forme de respectabilité aux Browns après les années sombres. On ne peut lui enlever son calme et son professionnalisme. Mais pour franchir un palier et arrêter de vivre sur les acquis du passé, Cleveland avait besoin d'autre chose.
Espérons simplement que le prochain cycle ne se contentera pas de gérer des talents individuels, mais saura enfin construire une équipe cohérente de haut en bas.
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